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Rire et rêver pendant une heure : ma rencontre avec les jeunes du Centre Le Beau Voyage

Rire et rêver pendant une heure : ma rencontre avec les jeunes du Centre Le Beau Voyage

 

Situé sur la rue grenier à 10 minutes à pied de la station Mont-Royal, le Centre Beau Voyage est un bel exemple d’intégration et d’accueil des jeunes.

Son histoire

Créé en 1973, le Centre Le Beau Voyage a été créé pour accompagner les jeunes du quartier ayant des problèmes avec la drogue. Depuis 40 ans, fort de son approche à vocation sociale, le Centre a su développer une approche sur-mesure pour aider les jeunes en difficulté. Aujourd’hui le Centre accueil soutient et accompagne les jeunes sur le plan psychologique, intellectuel et physique. Des activités telles Chasses et pêches au soutien pour rédiger leur CV, le Centre est un espace libre, sans barrière, sans règlement, où chacun est accueilli tel qu’il est avec sa personnalité et sa culture. Les trois intervenants, Llewellyn, Geneviève et Amélie tissent des liens avec eux pour les aider à construire leur identité. Une vraie preuve d’humanisme.

 

La rencontre

Assises à une table, les jeunes de 14/15 ans autour, discutent en mangeant des crudités. Enthousiastes et motivées, Eden me balance tout de suite : « moi je veux du WIFI partout dans la ville ! » En effet, aujourd’hui à l’heure d’internet, le wifi ne devrait-il pas être à la portée de tous, un bien commun à tous les citoyens ?

Eden, Alexia, Lionel et Déborah sont scolarisés à l’Ecole Jeanne Mance ; entre leurs discussions sur l’école et ma conversation avec eux, ils ont des idées et des rêves plein la tête. Rapidement ils m’intègrent à leur groupe et on rit. On rit beaucoup.

 

La place du sport dans leur quotidien

Des terrains de basket à l’accès des ruelles en passant par la visite des politiques dans les écoles et de leurs villes modèles, on parle de sujets divers. Ils aimeraient pouvoir faire du sport plus librement dans la ville – Lionel dit d’ailleurs qu’on devrait avoir plus de terrains de basket. Quant à Alexia, les piscines municipales sont toujours prises par les camps de jours et pas assez accessible pour les autres. Le sport est un de leur pilier. D’ailleurs Lionel s’avance même à dire que s’il était premier ministre, il inciterait les écoles à faire plus de sport et à avoir des coachs de renommé visiter les établissements pour recruter les meilleurs élèves. Un peu sur le modèle américain.

 

L’école est-elle vraiment inclusive ?

Un des enjeux majeurs que j’ai ressorti de mon échange avec eux est leur ressenti sur l’école. Ils ressentent un manque de liberté d’expression et une montée du racisme. Entendre des jeunes de 14 ans parler de ces enjeux prouvent que notre chemin est encore long. Comment ces jeunes aujourd’hui se sentent exclus ? Un des points soulevés est notamment l’accès aux voyages scolaires, aujourd’hui payants, ne permettant qu’à une partie de la classe d’y aller.

 

Montréal, est-ce vraiment une ville pour les jeunes de moins de 18 ans ?

Eden s’est empressé de me communiquer sa frustration vis-à-vis de Montréal et de ses festivités. « Montréal est connu pour ses festivals, mais nous comme on a 14 ans on ne peut pas y aller, c’est pas normal ! » Lionel ajoute à cela, « on devrait avoir plus de films extérieurs, mais des films cools, pas des films que personne connaît ». Alors, oui, Montréal se donne une image de ville attractive, agréable, innovante, mais pourquoi seulement une partie de la population la voit ainsi ? Comment intégrer ces jeunes dans cette dynamique pour en faire une ville plus inclusive ? Ces réflexions sont plus que nécessaires pour bâtir notre ville de demain.

Ils rêvent de Cleveland, Melbourne, Marseille, Marrakech, Adelaide, Séoul, Tokyo, Mexico, Dortmund pour l’architecture, le sport, les mangas et d’autres. Ces villes les inspirent mais leur cœur est très présent pour Montréal. Leurs rêves ne font que commencer…

 

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