Retour au blogue

Non à la haine : une campagne plus que pertinente

Non à la haine : une campagne plus que pertinente

 

Du 25 février au 4 mars dernier, j’ai eu le privilège de me rendre en terre marocaine avec quatre de mes collègues ambassadeurs de l’engagement et deux accompagnateurs. Le but de la mission ? Explorer les bonnes pratiques étant réalisées par et pour la jeunesse marocaine afin de pouvoir s’en inspirer pour Montréal. Malgré les cinq heures de décalage me séparant du Québec, je prenais régulièrement le pouls de l’actualité montréalaise et québécoise dans ma chambre d’hôtel en soirée. Deux événements ont particulièrement retenu mon attention pendant mon séjour.

Dans un premier temps, plusieurs chroniqueuses bien établies ont décidé d’abandonner leur tribune et de s’éloigner des médias, car elles expriment être victimes de misogynie et de harcèlement sur le web. Puis, l’Université Concordia fut évacuée le 1er mars dernier suite à une alerte à la bombe visant directement des étudiants de confession musulmane, soit près d’un mois après l’attentat à la bombe ayant fait plusieurs victimes dans une mosquée de la Ville de Québec. Deux événements fâcheux, honteux et condamnables.

Internet possède bien des avantages. C’est un espace d’engagement et de mobilisation citoyenne. On peut également le considérer comme permettant une relative démocratisation du savoir. Mais il ne faut pas s’en cacher, partout dans le monde, le web sert également à reproduire plusieurs des inégalités existant entre divers groupes se faisant ainsi un reflet douloureux de la réalité. Il n’est pas étranger d’y retrouver des discours haineux que ce soit envers les personnes musulmanes ou les femmes pour ne nommer que ces groupes-là. Ces discours visent à remettre ces groupes « à leur place » et à ainsi museler leur parole et leur voix dans l’espace public. Nous en conviendrons, c’est dans un sens, un frein à notre démocratie ; un blocage à la diversité des échanges qui pourraient naître afin de faire avancer notre société dans la bonne direction.

Les jeunes marocains que nous avons rencontrés dans diverses associations sont conscients de ce phénomène international. C’est donc dans cet esprit qu’ils ont décidé de prendre part à la campagne Non à la haine, initiée par le Conseil de l’Europe.

La campagne Non à la haine se veut un mouvement mondial de sensibilisation et de dénonciation du discours haineux dans une optique de respect des droits de la personne. Une branche québécoise se penche également sur la question, dont LOJIQ se veut l’un des partenaires. On ne peut que se réjouir des initiatives prises aux plans local, national et international pour contrer le discours haineux en ligne et par ricochet, dans notre société dans son ensemble.

Comme le disait si bien mon collègue Ernest (jeune ambassadeur de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles), c’est par l’éducation et la sensibilisation que nous viendrons à bout de ce fléau afin que seule la désapprobation sociale et citoyenne soit assez puissante pour faire taire les trolls et harceleurs de ce monde.

 

Le blogue des ambassadrices et ambassadeurs