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L’avenir contre l’étalement urbain

L’avenir contre l’étalement urbain

Suite à une consultation avec les jeunes de la troupe scoute de l’Île-Bizard, j’ai constaté que l’environnement était une grande préoccupation pour ces jeunes. On comprend que partout on nous urge à changer notre façon de vivre dans un contexte de lutte contre les changements climatiques et ses effets pervers. Il n’est donc pas étonnant que la protection des espaces naturels devienne un enjeu primordial pour les jeunes et que plusieurs luttes écologistes prennent de l’ampleur.

Bien que plusieurs territoires sur l’Île-Bizard appartiennent à des développeurs immobiliers, l’un des projets qui semblent préoccuper certains est celui dans l’arrondissement voisin qui prévoit établir 5 500 logements. Beaucoup veulent protéger intégralement cette région nommée  l’Anse-à-l’Orme, un espace vert situé à Pierrefonds dans l’Ouest-de-l’île de Montréal. En effet, ces terres ont été achetées par des entreprises privées pour mener à termes des méga-projets immobiliers qui couvriraient 185 hectares (1,85 km²) de forêts, soit l’équivalent d’environ 265 terrains de soccer. Cette superficie presque aussi grande que le parc du Mont-Royal (2,14 km²) abrite 270 espèces fauniques et floristiques, dont certaines rares et menacées et dont une que l'on croyait disparue de l'île de Montréal selon des études universitaires. Il est clair que cela favoriserait l’étalement urbain et nuirait grandement à la biodiversité, à la connectivité écologique entre les autres espaces verts et c’est aussi ce que pensent les 12 000 signataires de la pétition qui veulent conserver cette zone.

Pourtant, la ville de Montréal s’est engagé à protéger 10% de son territoire alors qu’environ seulement 6% est protégé. L’administration n’a pas de plan concret pour atteindre cet objectif ; protéger la région de l’Anse-à-l’Orme est une étape pour combler le manque à gagner de 2 000 hectares à protéger. D’ailleurs, le collectif Sauvons l’Anse-à-l’Orme regroupant des citoyen.ne.s engagé.e.s est appuyé par plusieurs groupes environnementaux, par des scientifiques, par des étudiant.e.s et par les deux partis d’opposition de la ville de Montréal. D’ailleurs, une manifestation a été organisée par des jeunes du quartier devant l’Hotel-de-Ville de Montréal et a su rallier environ 200 personnes de tous âges pour envoyer un message fort à l’administration. 

Pour la suite des choses, il y a des consultations publiques qui sont en cours et tout le monde pourra se faire entendre le 2 mai prochain au conseil municipal de Pierrefonds, mais il sera aussi possible d’écrire un mémoire pour donner son opinion. De plus, l’association étudiante du Cégep Gérald-Godin, situé dans mon arrondissement, s’est même positionné en assemblée générale de manière unanime contre le projet immobilier. Cette population étudiante veut que les élu.e.s comprennent que la privatisation de nos espaces verts enfreint notre droit de vivre dans un environnement sain.

Bref, les jeunes ont à cœur l’environnement et ils sont conscients que les impacts de l’inaction vont être subis par leur génération et celle de leur descendance. Je constate que cela peut être fait grâce à une meilleure vision de la Ville par rapport au développement immobilier qui devrait plutôt passer par la densification des territoires déjà urbanisés pour éviter de continuer la catastrophe écologique qu’est l’étalement urbain.

 

Le blogue des ambassadrices et ambassadeurs