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À la recherche des cultures autochtones

À LA RECHERCHE DES CULTURES AUTOCHTONES

Tout a commencé au Forum Social Mondial (FSM) quand on m’a parlé d’un film qu’il fallait absolument que je vois. On me disait que ce drame représentait vraiment bien les réalités des milieux autochtones, que c’était un incontournable et je n’ai pas été déçu. C’était le film AVANT LES RUES de Chloé Leriche, le premier long métrage en langue atikamekw.

L’Atikamekw

Évidemment, on est tout de suite frappé par les particularités de cette langue ancestrale qui existe depuis des millénaires puisqu’on la parle pendant presque l’entièreté du film. Il est donc inévitable de plonger dans leur réalité dès la première scène lors d’une séance de chants traditionnels. Ces chants reviennent souvent et on se laisse emporter par la beauté de ces sons auxquels on est rarement confrontés. Il y a donc une grande résilience des communautés pour la préservation de leur langue, malgré les tentatives d’assimilation et les génocides perpétrés à leur égard. Il ne faut pas oublier que les langues autochtones ne sont pas considérées comme langues officielles et il n’y a évidemment pas de loi 101 pour protégé l’atikamekw ou l’inuktitut. Les Premiers Peuples sont donc continuellement entrain de lutter pour préserver le fruit de cette tradition orale.

Face aux problèmes

On peut facilement défendre le fait que la situation des personnages du film est assez représentative de la vie en «réserve». En effet, l’histoire tourne autour d’un meurtre accidentel commis par un jeune autochtone, Shawnouk, et autour de tous les maux qui le suivent, qui s’accumulent. Les problèmes sociaux sont récurrents dans ces milieux et découlent de la maltraitance à l’égard de ces peuples, spécialement à cause des pensionnats autochtones. Il ne faut pas s’étonner qu’un enfant qui a vécu sa jeunesse dans la peur, la violence et l’angoisse des pensionnats ne va pas devenir un parent qui a tous les outils nécessaire pour bien élever ses enfants. De plus, Shawnouk n’a pas le choix d’être soit sur le chômage ou en train d’essayer des emplois temporaires et désagréables. Inéluctablement, les pensées sucidaires deviennent chose commune et ils deviennent convaincus que leur situation est normale, que c’est comme ça partout. On se retrouve donc avec une jeunesse désillusionnée qui ne sait que faire, qui ne voit pas d’avenir possible et qui se résigne à fuir la réalité s’ils ne l’ont pas encore quitté.

Le retour aux sources

Un aspect particulièrement intéressant est la manière utilisée par le «meurtrier» pour cheminer qui permet vraiment de sortir des clichés hollywoodiens. En effet, c’est en aidant une ainée qu’il apprend à connaître cette femme qui le soutiendra et le mènera à aller se ressourcer avec d’autres selon des techniques ancestrales. Il y trouvera l’énergie pour continuer et une manière de faire la paix avec lui-même grâce aux cérémonies traditionnelles. D’ailleurs, il faut souligner que la place de la femme et des aînés est importante dans le film, tout comme dans la réalité. Effectivement, les personnes âgées sont considérées comme des sages qui incarnent la richesse des connaissances et de la culture et ils ont le devoir de les partager. On dit que l’une des meilleures façons d’améliorer le sort des Premières Nations est de leue permettre la réappropriation de leur culture, par les rituels, la langue ou simplement l’art. D’ailleurs, le but du film est justement de partager cette culture si riche, si près de nous, mais si méconnu et qui mérite tellement plus de considération que celle qu’on lui accorde. C’est grâce à des initiatives comme cela ou comme Wapikoni Mobile qui aide les jeunes autochtones à produire des films que l’on voit le retour d’une fierté associée à leur identité qu’ils ont longtemps dû cacher.

Échange culturel étudiant

C’est dans ce contexte de volonté de réconciliation de nation à nation qu’a été soumis un projet par le comité Oxfam de faire un voyage en communauté autochtone sous forme d’échange culturel. C’est un séjour de 10 jours ouvert à tous qui se déroulera à Kitcisakik, en Abitibi-Témiscamingue, près de Val d’Or. On aura l’occasion d’échanger avec les Algonquins en plus de participer à différents services dans cette communauté qui n’est pas reconnu officiellement comme une «réserve indienne», on y retrouve donc pas d’eau courante ni d’électricité, sauf dans certains bâtiments. Les étudiants intéressés auront la chance, entre autres, d’apprendre les rudiments de la langue «anicnape», du trappage, de la pêche et du tannage. En plus, ils pourront aider au jardin communautaire, participer à des activités d’artisanat et même se faire raconter des contes et légendes algonquins. Évidemment, il faudra se préparer avant d’aller en territoire algonquin pour bien comprendre les enjeux, on fera donc appelle à des spécialistes pour profiter au maximum de cette expérience qui sera des plus enrichissantes.

 

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