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À la découverte du modèle scandinave

À la découverte du modèle scandinave

 

Notre délégation d’ambassadeurs du projet #Jeunesse375Mtl avait un mandat clair : ramener à Montréal les meilleures pratiques du Danemark et de la Suède en matière de développement durable, de transport actif et collectif, d’éducation, d’intégration et de croissance économique socio-responsable.

En premier lieu, permettez-moi de vous admettre que  le développement durable ce n’est pas vraiment ma tasse de thé. Pas que je ne trouve pas ça important. Pas que ça ne fasse pas partie intégrante de mon quotidien. Mais plutôt parce que ça ne suscite pas de vives passions chez moi. Du moins, pas autant que plusieurs personnes dans mon entourage ou même de la délégation avec laquelle j’allais visiter ces deux pays de la Scandinavie. Cette dernière comptait sur l’engouement et l’expertise de Philippe, membre d’un comité environnemental à son CÉGEP; de Céline, fondatrice d’une entreprise d’objets promotionnels écoresponsables - www.kotmo.ca -;  et Ikram, une enthousiaste de l’économie verte et du développement durable.

Cela étant dit, nous le savons, le Danemark et la Suède sont fertiles en initiatives audacieuses, avant-gardistes, profitables et judicieuses en matière de développement durable et j’étais fébrile à l’idée de rencontrer des élus, des entreprises et des organismes œuvrant dans ce domaine.

Et bien je peux vous dire que je n’ai pas été déçu!

 

L’écologie industrielle

Notre première rencontre a eu lieu à Kalundborg, une petite ville portuaire du Danemark. Bien que cette municipalité soit méconnue de plusieurs, elle est pourtant de renommée mondiale par son rôle de pionnière en matière d’écologie industrielle. Pour l’occasion, nous avons eu la chance d’être reçu par Stefan Danielsson, un ingénieur en environnement, du Symbiosis Center Denmark (Centre de symbiosis du Danemark).

Le Symbiosis Center Denmark est un organisme dont le mandat est  de convaincre les entreprises des bienfaits d’adopter un modèle d’affaire plus « vert » afin de faciliter la transition vers celui-ci. Le modèle utilisé aide les industries d’intégrer  le développement durable à la croissance économique. Concrètement, c’est de proposer à l’Usine A qui rejetait normalement une quantité considérable de méthane, de la vendre à l’Usine B qui utilise de toute manière cet hydrocarbure pour fabriquer son produit. Ainsi, l’Usine A génère de nouveaux revenus, évite de polluer inutilement et l’Usine B s’approvisionne en méthane à faible coût. Ensuite, pourquoi ne pas proposer à l’Usine B de vendre ses eaux usées à l’Usine C qui saura les utiliser convenablement ? Ainsi de suite.

Figure 1 – Exemple de parc industriel avec des usines échangeant des ressources.

C’est ce que fait le Symbiosis Center Denmark. Il a d’abord commencé son travail par un premier parc industriel. Il a évalué les possibilités d’échanges de ressources (énergies, eaux, matériaux) entre les diverses usines en place et ce toujours dans l’objectif de réduire les coûts de production de ces entreprises tout en ayant un impact positif pour l’environnement. Des mentors ont rencontré les entreprises pour les guider dans cette transition. Il était primordial pour le Symbiosis Center Denmark que les entreprises ciblent elles même les problématiques environnementales puis les solutions. Ainsi, il devenait plus simple des les engager dans le déploiement d’une stratégie économique « verte ». Rapidement, sept entreprises de ce parc industriel se sont laissées convaincre par les experts du Symbiosis Center Denmark et ont signé des attentes commerciales. Aujourd’hui, elles sont toutes devenues beaucoup plus compétitives grâce à ce modèle d’économie circulaire. De plus, ce virage environnemental permet à ces dernières de faire bonne figure dans l’espace public.

Les avantages à ce modèle sont considérables tant sur le plan économique qu’environnemental. Il le faut, puisque le Danemark a des cibles ambitieuses, comme devenir indépendant du charbon dès 2018, et il les atteindra seulement en mobilisant aussi le secteur privé.

On peut également retrouver ce modèle d’économie circulaire en Suède, en Finlande et en Australie. Dans chaque cas, l’ingrédient secret aura été une étroite collaboration entre les secteurs publics et privés.

Ce type de leadership de la part des acteurs gouvernementaux est très inspirant pour Montréal. Nous espérons fortement que les acteurs municipaux, provinciaux et fédéraux puissent s’inspirer de la réussite danoise afin de réunir les différents acteurs du secteur public et privé pour les guider dans ce virage vert.  

Le blogue des ambassadrices et ambassadeurs